le poids des apparences

poids et apparences
Je lisais dernièrement un article de Lauren Bastide, un article sur le corps des femmes qui de nos jours, serait encore tabou (notamment le corps nu de la femme) ; nous ne serions (et nous ne nous sentirions pas) pas libres de nous exposer dans notre vérité corporelle, bourrelets apparents. Assumer notre corps et le dévoiler dans sa vérité serait alors un acte libératoire, une revendication féministe.

Tâche ardue et presque utopique, tant le corps « rêvé » de la femme occupe quasi 100% de la production visuelle actuelle : photos, réseaux sociaux, cinéma…tout ou presque nous est montré et tout ou presque est exclusivement beau. Le recours systématique de tout le monde aux filtres instagram, ou mises en scène étudiées avec soin pendant des heures quand il s’agit de publier des photos de soi sur internet, s’est banalisé, voir même professionnalisé.

Ce qui est pour le moins paradoxal quand on observe la levée de boucliers instantanée de toute part, si le cliché de mannequin ou d’une actrice est révélé comme ayant été photoshopé, truqué, arrangé.

Alors les femmes (mais les hommes aussi dans une moindre mesure il faut le reconnaître) sont-elles vraiment libres de leur corps ?

Sommes-nous libres de nous montrer réellement ?

Car, malgré l’abondance des filtres et retouche, on ne nous a jamais autant intimé l’ordre de nous accepter telles que nous sommes #rondeurs, #nomakeup etc.. et pourtant il n’y a qu’à jeter un coup d’œil rapide à quelques profils Instagram ou même Facebook pour constater à quel point nous nous mettons en scène dans le quotidien, pour paraître branchées certes, mais surtout à notre avantage. Et à notre avantage c’est plus souvent minces et sportives, qu’en surpoids avec des poignées d’amour, là dessus Lauren a raison.

Ta coach a dit « Aime toi telle que tu es ! »

Prenons l’exemple de toute une partie de femmes autoproclamées healthy, fitness addict, voir même coachs sportives en yoga, crossfit, etc.. leur discours est le même : « acceptez-vous, aimez-vous comme vous êtes !  » ; mais en même temps, la quasi totalité de leurs photos sont des selfies de leur abdos et jambes musclées, ou encore des avant/après quelques kilos en moins…
Bein je croyais qu’on devait s’accepter ? Que la perfection n’existait pas ? Le message et l’intension ne sont pas clairs.

Alors pourquoi une telle schizophrénie ?

Peut-être parce que finalement, ce n’est pas si simple que ça de s’accepter avec des kilos en trop ou des défauts physiques, que le poids des apparences demeurent écrasant et que s’affranchir de tout cela reste compliqué n’en déplaise à nos hashtags.
Je crois qu’il faut une force intérieure démentielle pour dire « oui j’ai des bourrelets, oui j’ai des défauts et alors ? Je me montre et je vous emm… »
Il n’y a qu’à voir les témoignages diverses de personnes dont le corps n’est pas dans les canons esthétiques. Tous ont subit des remarques et des commentaires humiliants. Alors s’exposer ?!
Plus globalement, il est vraiment dur dans la vie de s’aimer, et, notre corps avec ses défauts, ses kilos en trop ne nous y aident pas.
Alors oui on a beau clamer haut et fort que tout ça ce ne sont que des apparences et qu’il faut s’accepter tel que, mais il est sur que si l’on donnait une baguette magique aux femmes (et même aux hommes) pour changer ce qui leur déplait en eux, je suis certaine que la grosse majorité d’entre elles commenceraient par se faire perdre du poids ou modifier un défaut physique et qu’après elles se donneraient du bonheur.

Mon poids, ce boulet !

Ce poids que l’on se traine, ce poids des mots, ce poids de notre corps, n’est pas uniquement une question d’apparence, c’est aussi un poids psychique, un poids sur notre esprit.
Et c’est aussi pourquoi la simple perte de poids physique ne rend pas pleinement heureux. C’est pourquoi faire des régimes, se camoufler derrière des vêtements, ranger mieux son appartement, se lever à 5h du mat etc.. ne changent rien ni profondeur, ni dans la durée.
Car corps et esprit sont liés et tant qu’on a pas libéré également son esprit, calmé son mental, fais le tri dans sa tête (plus que dans sa penderie), on reste englué et s’accepter telle qu’on est (voir si j’osais telle que l’on est née) est impossible.
Le vrai enjeu il est là, être en paix avec soi à tous les niveaux et c’est peut-être même le chemin de toute une vie.

Sources :

 Article Antidote du 3/10/2016

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