4 buts de la vie

la vie et le plaisir

Récemment je vous parlais du concept japonais d’ikigai « ce pourquoi je me lève le matin ». Dans la recherche de notre équilibre perdu (ou pas encore trouvé) la sagesse indienne n’est pas en reste.

Intimement liée à la médecine ayurvédique, existe la notion d’Arogya : un bon état de santé et d’harmonie de la personne. État qui nous permet d’avoir une vie équilibrée (et donc heureuse ?), selon 4 buts.

Notre vie donc s’articule et doit s’harmoniser autant que faire se peut autour de quatre notions :
– Artha, la prospérité, le corps, les finances, le fait d’acquérir de l’aisance financière
– Kama, la joie, le plaisir, la satisfaction de ses désirs
– Dharma, la reconnaissance (vocation ou carrière), le devoir, les responsabilités. En général tout ce qui a trait à la famille et au travail. C’est aussi le fait d’accomplir son chemin.
– Moksha, la liberté (libération du cycle de vie et de mort), il ne s’agit pas à proprement parler d’un but en soi, mais plutôt d’un état de détachement de tous les autres buts. On pourrait également de façon plus occidentale, considérer moksha comme notre recherche de vérité et de spiritualité. Une quête d’essentiel en somme.

Le but final de toute vie dans la spiritualité hindouiste étant Moksha, la libération, la fin des réincarnations. L’une des voies d’accès à moksha étant l’ascétisme, le renoncement.

Comment transposer ces concepts dans nos mentalités occidentales

Dans notre quotidien, nous accordons plus ou moins de place à chacun de ces piliers. Bien souvent notre sens du devoir, nos préoccupations matérielles sont bien plus au premier plan dans nos vies que notre plaisir ou plus encore que notre spiritualité.
Dresser notre cartographie personnelle des quatre piliers nous aide à y voir plus clair. Revoir ses priorités et intégrer des espaces pour la joie ou la réflexion dans sa journée par exemple peut, petit à petit changer la donne et nous mener doucement mais surement vers un équilibre.

Dresser sa cartographie personnelle de vie

Assez simplement, on prend un cahier et un crayon (car noter a le mérite de poser le constat noir sur blanc) et on analyse une semaine de sa vie type sous l’angle des 4 buts en attribuant une proportion à chaque. On note également la liste de tout ce que l’on aimerait faire mais qu’on ne fait pas par « manque de temps ».
A la fin on regarde les déséquilibres et on écrit ce qu’on peut faire au moins 5 minutes par jour pour rééquilibrer le ou les buts oubliés.

Le tout évidement en étant bienveillant avec soi-même.

Comment réintégrer la notion de plaisir et la recherche de spiritualité dans sa vie

Oui mais, commet je fais avec ma journée de 8h de travail, les transports, les enfants, les contraintes, et tout ce que nous avons à gérer pour avoir une vie à peu près confortable dans notre conception moderne de la chose ?
Faut-il vraiment renoncer à tout, enfiler un pagne et devenir un ascète, ou sadhu (le renonçant dans l’hindouisme) pour être heureux ?

Alors non, sauf si tu y tiens vraiment, tu n’es pas obligé de renoncer à tout pour vivre une vie équilibrée, mais plutôt que de renoncer, peut-être que l’on peut choisir de mieux vivre. Non ?
Prendre du recul, avoir conscience de notre rapport au monde, au objets, à la richesse peut ouvrir notre esprit à une vie plus éclairée.

Et puis on s’imagine souvent qu’il va falloir investir beaucoup de temps et d’argent dans cette notion de plaisir, de « loisirs » alors qu’en fait ce n’est pas le cas. Le plaisir, la joie ou même la spiritualité ne doivent pas être des contraintes. Ce sont des bulles de respiration que l’on s’offre, pour soi, pour son bien-être et pour son équilibre.
Le plaisir, la joie, ou encore le repos dans notre civilisation grandement judéo-chrétienne sont mal vu (Bah oui depuis le péché originel on nous a dit que pour se racheter il allait falloir travailler comme des ânes et souffrir le martyr alors..), c’est un truc de paresseux. Et puis de toute façon on se reposera quand on sera mort… hein ? Pas sûre qu’on en profite mais bon…

Et là encore faut-il préciser que rien ne sert de tomber dans l’excès inverse et de faire de sa vie bien organisée mais stressante une vie de débauche consacrée au plaisir… Le juste milieu ça existe et c’est ça l’équilibre.

10 minutes par jour de danse ou de chant sur sa musique favorite ce n’est pas non plus insurmontable ! Si ?
Et n’en déplaise à tous nos coachs en healthy life, un bon gros gâteau au chocolat pour le gouter (ou autre) ça peut aussi faire l’affaire, tout dépend de notre intention de départ en le mangeant.
Ou même 5 à 10 minutes de rien, de silence, de rêverie, de lecture, de solitude volontaire…etc…(attention, on me dit dans mon oreillette qu’un feed instagram ou un fil twitter ne sont pas de la lecture :-))

Alors ce soir, on se sort la tête du guidon et on prend du temps pour soi, on se fait couler un bain (ou autre chose peu importe) et on profite de la vie. Et surtout on range sa culpabilité bien loin dans son placard !

 

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